ARTICULATIONS 77

Dans le premier article, Milady R, par un récit intime de construction politique et un entretien avec Kis Keya ouvre une réflexion sur la gentrification de l'esprit et la décolonisation du corps. Cette réflexion est ponctuée d'un slam de Joëlle Sambi Nzeba … être un.e pirate n'est pas sans risque.

Dans le second article, Laurence D a rencontré Pierre Brasseur, médecin généraliste, fondateur d'une Maison Médicale en plein centre du quartier des Arsouilles de la ville de Namur. Dans les maisons médicales, le corps (en souffrance) est considéré comme une expérience individuelle à prendre en considération.

Dans le troisième article, Paul H a quant à lui rencontré François Perle, directeur du Service des indemnités de l'Inami. 950.000 personnes, sur une année, quittent leur travail pour raisons d'invalidité. Une nouvelle question sociale ?

Enfin, Myriam VB clôture le dossier par une invitation à envisager la pensée politique du care comme possibilité d'opposer quelque chose au rouleau compresseur du productivisme.

Quatre points de vue autour de l'idée que si le corps est soumis mais on peut prendre appui sur celui-ci pour résister.

Dossier réalisé par Laurence DELPERDANGE,
Paul HERMANT,
Milady RENOIR,
Myriam van der BREMPT,
Pascale WILMS


AUTOF(R)ICTION
Un récit intime de construction politique de Milady Renoir, miroir d'un entretien avec Kis' Keya, réalisatrice Afro-Queer, ou comment la liberté de (se) dire, d'agir contre la gentrification de l'esprit et la colonisation du corps s'acquière ?
Peut-être en triturant un symbole de fictionnalisation, la chimère, de celle qui multiplie les avatars et les définitions variables selon le moment où on la perçoit.


ETAT DU CORPS EN L'ETAT
Namur. Rue St Nicolas, quartier des « Arsouilles ». Au 44, dans la salle d'attente de la maison médicale, des affiches invitent à faire la fête entre voisins, à découvrir à travers le court métrage qui leur est consacré, les rêves de ses habitants1, à se retrouver autour du P'tit Kawa, à jardiner en toute convivialité, à bricoler au potager des Herbes folles… Il s'en passe des choses aux Arsouilles !
Des liens tissés pour mettre en mouvement, collectivement, corps et esprit.


LES CIMETIERES SONT REMPLIS...
L e corps, quand il travaille, est soumis au stress de l'exigence des résultats et de l'excellence de l'entreprise. Quand il se révolte, il peut goûter à la matraque voire au flashball. Et même quand il ne fait rien, il est assailli par des pollutions invisibles qui diminuent son espérance de vie. Peut-être que ce que le système productiviste sait faire de mieux, après tout, c'est encore de fabriquer des invalides. Chaque année, en Belgique, c'est environ un million de personnes qui se retrouvent ainsi en incapacité de travailler. Rencontre avec François Perl, directeur du Service des indemnités de l'Inami.


L'ETHIQUE DU CARE...
On a l'habitude de considérer que le domaine du care (en français soin ou sollicitude) se soucie du bien-être des plus faibles et revendique, sur fond de féminisme, plus de reconnaissance de celles qui s'y (dé)vouent. Or, les recherches contemporaines sur le care sont aussi de plus en plus clairement politiques : elles posent radicalement la question d'une place pour le corps en démocratie.